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Menace de fermeture du site de Thomson en Côte-d’Or

mercredi 28 avril 2004, par 1 Sud Industrie 35

par Webmaster

C’est dans les locaux du Sivom de Genlis que l’intersyndicale de Thomson Tubes et Display a rencontré une trentaine d’élus du canton de Genlis, afin de leur demander un soutien face à la menace de fermeture du site.

Représentée par une quinzaine de membres, dont Sylvie Tika, Maxime Rochette, Arnaud Farizon et Olivier Gilles, l’intersyndicale (CGT, CFDT, CFE-CGC et FO) a rappelé que le groupe Thomson représente environ 60 000 salariés dans le monde dont 1000 salariés actifs sur le site de Genlis. Pour l’intersyndicale, « il y a maintenant deux mois, suite à un droit d’alerte engagé par le comité d’entreprise, les élus ont bien compris que la direction du site de Genlis souhaitait retirer ses activités de manière progressive sur deux à trois ans » « Le site, qui fabrique des décodeurs, souffre de la concurrence asiatique qui les vend cinq fois moins cher, et d’ici 2005, le site arrêtera la fabrication de ce produit qui emploie 450 salariés. D’autre part, les téléviseurs à tubes sont concurrencés par les écrans plats (plasma et LCD), technologies dans lesquelles Thomson ne s’est jamais investie au moment opportun. Les tubes cathodiques sont en fin de vie et emploient 540 personnes Enfin, le développement des têtes de lecture laser pour DVD qui employait 65 salariés vient d’être vendu à Fox-Conn (Taïwan). Dans ces conditions, quel est l’avenir du site genlisien ? » Pour les représentants, Thomson recherche une rentabilité rapide et une croissance des résultats à deux chiffres, au profit des actionnaires du groupe. « La stratégie de délocalisation et d’abandon de filières jugées non rentables à terme a été mise en place. L’État fuit ses responsabilités envers les salariés en vendant sur le marché libre sa participation au capital de Thomson (20 %) plutôt que de chercher un partenaire capable de stabiliser le capital social. »

Trois propositions

L’intersyndicale propose trois solutions : « sans être protectionnistes et avec la mondialisation, la libéralisation conduit dans le mur. Il faut que les règles soient identiques pour tous. En matière sociale, il faut renforcer les obligations des entreprises, car l’État est inexistant envers les grosses entreprises qui font la pluie et le beau temps en laissant le soin aux collectivités le soin de gérer les casses sociales. L’État laisse développer des stratégies au seul profit des actionnaires dont les dividendes ne cessent d’augmenter. Enfin, les salariés du site genlisien ont en moyenne 47 ans et plusieurs dizaines d’années d’ancienneté, sans formation initiale et dont la plupart n’a jamais suivi de formation professionnelle, jamais changé de poste de travail, sont usés par des troubles musculo-squelettiques Que deviendront-ils ? »

Un débat ouvert

Le débat s’ouvrait alors avec Claude Darciaux député, qui annonçait avoir mis en place un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, regroupant les députés issus des régions où sont installés d’autres sites Thomson, afin de tenter de trouver des solutions. Noël Bernard, maire de Genlis et conseiller général dénonçait les délocalisations sauvages qui enrichissent uniquement les actionnaires au détriment des salariés français tandis qu’Antoine Sanz, maire d’Auxonne et conseiller général, trouvait anormal que le site n’ai pas cherché à diversifier sa production plus vite. Luc Jolliet, maire de Tart-le-Haut souhaitait « opposer au dogmatisme de l’entreprise un pragmatisme territorial » en dénonçant l’assassinat au nom de la territoriale. Jean-Louis Aubertin, président du Sivom de Genlis, proposait de mettre sur pied une commission composée d’élus issus des cantons de Genlis, Auxonne et même Saint-Jean-de-Losne qui pourrait appuyer les actions de l’intersyndicale. Claude Darciaux indiquait qu’il fallait agir au niveau international en sanctionnant par de lourdes taxes les entreprises qui délocalisent pour faire du profit : « Il faut sauver la politique industrielle de la France, conserver le site Thomson de Genlis en développant de nouveaux produits. » D’ailleurs, le député accompagné par Louis de Broissia devait rencontrer mardi un haut responsable de Thomson-France, afin de faire le point ensemble de la situation locale du site. Affaire à suivre

(C) Le Progrès 01/04/04 http://www.leprogres.fr/infosdujour...