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Les brûleurs d’emplois

mardi 20 décembre 2005, par 1 Sud Industrie 35

Les brûleurs d’emplois

Très récemment la jeunesse défavorisée a été stigmatisée à cause de la violence dans les banlieues. Violence qui, par ailleurs, n’aura servi qu’à accréditer la politique répressive de Sarkozy.

Mais qui sont les véritables incendiaires ?

La Direction de Bosch France a annoncé son intention de revenir (officiellement) aux 40 heures hebdomadaires. Logiquement les dirigeants de cette société devraient être poursuivis pour non respect du code du travail. Mais le gouvernement n’en fera rien. Il en rajoutera même pour dire certainement (et encore une fois) que les 35 heures sont " contre-productives ".

En effet depuis la loi Fillon en 2003, les patrons peuvent en toute légalité dépasser les 35 heures hebdomadaires de travail grâce au nombre d’heures supplémentaires portées jusqu’à 220 heures par salarié et par an. En pratique donc tout salarié peut être obligé (il n’est pas possible de refuser les heures supplémentaires) de faire 40 heures par semaine. En outre, la loi Fillon introduit la possibilité qu’un accord d’entreprise puisse être plus défavorable à un même accord signé au niveau de la branche. Les accords séparés cassent les conventions collectives qui étaient devenues effectives au milieu des années 1950.

On revient aussi sur une tendance lourde de l’économie, favorable aux salarié-e-s qui voyait une diminution du temps de travail comme un mouvement qui existe maintenant depuis 150 ans.

La politique récente vise à inverser ce mouvement séculaire.

Pour y parvenir la Direction de Bosch organise donc un chantage à l’emploi pour que soit signé un accord pour le retour aux 40 heures hebdomadaires. L’année dernière déjà la Direction de Bosch avait déjà exercé un pareil chantage et avec succès, pour passer - gratuitement - de 35 à 36 heures de travail hebdomadaire. La CFDT et la CGC avaient cru en signant cet accord, éviter une délocalisation. Nous l’avions dit à l’époque : ce recul en appelait d’autres... Aujourd’hui " l’expérience " est renouvelée et avec un cynisme non dissimulé.

Il faut en finir avec ces chantages incessants à l’emploi. Les organisations syndicales doivent organiser la riposte et rompre toute négociation jusqu’à ce que les Directions d’Entreprises renoncent à leur tour à une telle pratique.

L’union Syndicale Solidaires Industrie appelle à la mobilisation et surtout à réunir les conditions pour réussir les mobilisations : l’unité sans préjugés. C’est tous ensemble qu’il faut retrouver le chemin de la lutte pour imposer la réduction du travail et de meilleurs salaires. À défaut de mobilisation, les salariés concernés subiront non seulement l’augmentation du temps de travail, mais ils auront aussi les licenciements et les délocalisations. Seule la contestation sur le terrain - et non plus dans les salons - arrêtera la cupidité des Bosch et d’autres !

Contact Solidaires Industrie : Robert Kosmann : 06 87 67 78 61

le mardi 20 décembre 2005