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“Le syndicalisme n’est pas une activité criminelle”

jeudi 22 avril 2004, par 1 Sud Industrie 35

“LE SYNDICALISME N’EST PAS UNE ACTIVITE CRIMINELLE”

jeudi 22 avril 2004

par UD CGT 13

La CGT dénonce la convocation par la police du responsable du comité chômeurs-CGT des Bouches-du-Rhône, Charles Hoareau, pour un prélèvement biologique en vue de son inscription au fichier national des empreintes génétiques

“A la veille du jugement du TGI de Marseille qui vient de donner raison aux chômeurs contre la nouvelle convention UNEDIC, la police judiciaire a convoqué Charles Hoareau afin de subir un « prélèvement biologique » en vue de son inscription au fichier national des empreintes génétiques mis en place par les lois Perben.

Charles Hoareau est responsable des Comités CGT des privés d’emploi de Marseille et fut un des animateurs nationaux de la campagne en cours. Personne ne peut croire que cette convocation soit l’effet du hasard !

Charles Hoareau a été condamné dans des conditions scandaleuses à la suite de manifestations de chômeurs réclamant leur droit à une vie décente. Cette condamnation sert maintenant de prétexte à son inscription sur un fichier criminel.

Nous avions dénoncé en son temps la perversité d’une loi qui traite de la même façon les pédophiles, les trafiquants de drogue et les auteurs de délits mineurs.

Nous constatons aujourd’hui qu’elle peut être utilisée pour combattre l’action syndicale”.

Une mesure ignoble !

vendredi 23 avril 2004

par Jacques Soncin et Jelloul Ben Hamida

Porte-parole de Marseille Solidaire

A Marseille, et bien au-delà, Charles Hoareau est un véritable symbole. A la tête du comité Cgt des chômeurs, il incarne la lutte intransigeante pour défendre les droits des plus faibles, des plus précaires de cette société, de ceux qui ont été trop souvent les oubliés des luttes syndicales traditionnelles. C’est dire s’il est insupportable et même détestable, pour les chantres du libéralisme si à la mode dans les salons feutrés du gouvernement.

Voilà des décennies, qu’avec les nouveaux philosophes, une presse normalisée et des médias audiovisuels formatés par les puissances d’argent, les tenants du pouvoir combattent le principe même de la solidarité. Dégoûter les jeunes du militantisme, les éloigner de la politique, transformer le mandat électoral en une activité lucrative et non en possibilité d’action au service des concitoyens, tel est leur objectif idéologique.

Mais Charles est un grain de sable dans leur machine infernale. Il a su avec bonheur unir les chômeurs et leur assurer le soutien de la population. Ce gouvernement acharné à appliquer une politique aussi antisociale, malgré le désaveu massif de l’électorat, a dû s’incliner devant une justice qui, pour une fois, a donné raison à ceux qui ont toujours tort.

Alors que la France d’en haut devrait avoir honte du sort réservé à la France d’en bas, le gouvernement ne cherche qu’à abattre ceux qui lui résistent. Et, dans ce domaine, il ne se donne aucune limite. La loi Perben, qu’il a introduite dans le nouvel arsenal juridique, lui permet d’humilier un militant. Charles Hoareau, qui a été condamné dans le cadre de ses activités au sein du comité chômeurs, devrait se soumettre à un prélèvement biologique, pour confier ses empreintes génétiques au pouvoir en place... et aux suivants ! On ne sait justement pas qui seront les suivants. Et si un clone de Le Pen ou un successeur d’Hitler arrivaient aux affaires, quel plaisir pour eux d’hériter d’un fichier aussi infalsifiable de tous ceux qui seraient susceptibles de leur résister ! Il ne s’agit donc pas seulement d’humiliation, cette mesure pouvant aussi s’avérer stratégique.

Alors non, non et non ! Le terrorisme ne doit pas leur servir à justifier de telles atteintes aux libertés. Ils n’ont pas le droit de détourner l’émotion suscitée par les crimes pédophiles pour établir un arsenal législatif dirigé contre les militants.

Cette mesure ignoble contre Charles Hoareau, parce qu’elle vise à détruire ceux qui résistent et à étouffer toute forme de solidarité, doit être rejetée sans aucune hésitation par toutes celles et tous ceux pour qui les mots de liberté, égalité et fraternité ont encore un sens.

Oui, Charles est l’un des meilleurs parmi ceux qui refusent l’insupportable, ne pas le soutenir ce n’est pas simplement lâcher un camarade, c’est capituler devant le plus important des enjeux.

Jacques Soncin et Jelloul Ben Hamida

Signez la pétition gràce au lien suivant :

http://marseille.naros.info/article.php3?id_article=462