La parution discrète, le 13 janvier, d’un décret autorisant le travail de nuit des mineurs est significative de la méthode employée par le gouvernement dans son œuvre de destruction de la législation protectrice du travail. D’ici juin 2006, le gouvernement veut boucler sa contre-réforme afin d’offrir aux employeurs un code du travail « light », où tout ou presque est négociable.
Contrairement à une idée reçue, les premières lois sociales ne furent pas la résultante de luttes ouvrières mais de la nécessité, pour le pouvoir, d’avoir à sa disposition des recrues militaires aptes physiquement à la guerre coloniale. C’est ainsi que la Monarchie de Juillet établit la première loi sociale, le 22 mars 1841, en fixant l’admission à huit ans et en interdisant aux enfants les travaux de nuit. Dans les décennies suivantes, d’autres mesures furent prises, avec pour objectif principal de préserver une main-d’œuvre vigoureuse et stable, élément indispensable pour une production bénéficiaire...