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La (vraie) conséquence de l’exonération des charges patronales

dimanche 26 février 2006, par 1 Sud Industrie 35

L’exonération des charges sur les (bas) salaires est désormais vue comme une chose normale. Ce dispositif fut mis en place en 1993, avec comme raison avouée : « l’incitation des entreprises à embaucher ». Chaque chose ayant son corollaire, l’incitation qui en résultat fut - et demeure - la volonté patronale de ne pas augmenter les salaires pour précisément bénéficier de ces fameux avantages !

Un rapport récent (juin 2005) du plan (préparation du budget de l’Etat), montre qu’en 2004, cette politique d’exonération a coûté plus de 17 milliards d’Euros ; Et pour quelle efficacité ? L’estimation est entre 40 000 et 490 000 emplois... Cette imprécision (pour le moins), cache difficilement un sentiment d’inefficacité. Car même 490 000 emplois ne justifient pas ce niveau de coût. Pour autant cette pratique est conforté...

Quel est le niveau d’ exonération ?

Depuis 1993, les gouvernements successifs ont pris en charge une partie de plus en plus large des cotisations patronales de Sécurité. Aujourd’hui, ces cotisations représentent 30,49 % du salaire. L’Etat en finance 26 % au niveau du SMIC. Cette exonération étant dégressive jusqu’à 1,6 fois le SMIC.

Quelles conséquences pour les salaires et pour les salariés ?

En 1982, l’écart entre le salaire moyen et le SMIC était de 95%, en 1990 cet écart passe à 85% et en 2003 il n’était plus que de 71%.

Le rapport admet ainsi « un tassement vers le bas de la structure des salaires pour toutes les qualifications »... En clair le salaire moyen tend vers le SMIC.

Alors le gouvernement veut-il (vraiment) combattre le chômage ?

Ce qui est sûr c’est que le patronat a besoin du chômage. Ce dernier constitue le moyen le plus sûr pour faire pression sur les salaires. Avec des techniques et d’importants moyens de communications, le patronat a y compris réussi à se faire entendre de l’opinion publique avec la fameuse formule : « le travail est trop cher ». Ceci a rendu légitime le tarissement des charges patronales. Quant on ajoute à cette escroquerie l’apathie des centrales syndicales à se battre pour de meilleurs salaires, on ne peut que constater que le patronat a réussi un fabuleux tour de passe-passe. Mais les gouvernements successifs ne pouvaient ignorer la réalité des choses. Dans cette histoire il n’y avait donc qu’un seul dupé : les salariés !

Que cela soit une raison supplémentaire pour repousser le CPE et pour dire que CNE doit être abrogé !