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Au sujet de la fusion GDF-Suez

lundi 27 février 2006, par 1 Sud Industrie 35

A peine un an et demi après la loi transformant EDF et GDF en Sociétés Anonymes, loi qui "garantissait" soi-disant une participation minimale de l’Etat de 70% dans les deux entreprises ; à peine quelques mois après l’ouverture de leur capital respectif, le gouvernement vient de rompre son engagement.

Pour empêcher une OPA d’Enel sur le groupe privé Suez, dernier avatar du grand monopoly européen de l’énergie provoqué par les Directives Européennes de dérégulation, le gouvernement vient d’annoncer la fusion de GDF et de Suez.

Pour cette opération, l’Etat devra bien sûr renier sa promesse ne pas descendre en dessous des 70% du capital dans le nouveau groupe créé par cette fusion. Il est question d’une simple minorité de blocage à 34% !

Comme pour France Telecom en son temps, la privatisation de GDF aujourd’hui démontre que les garanties données par les gouvernements de ne pas descendre en dessous des 50% du capital des entreprises de Services Publics qu’ils privatisent sont du vent.

Les subtiles distinctions soutenues en 2004 par les uns et les autres entre "privatisation" et "privatisation partielle" apparaissent aujourd’hui pour ce qu’elles étaient : de la poudre aux yeux destinée à rendre acceptable le changement de statut des deux entreprises et rien d’autre.

Tous ceux qui ont cru ou voulu croire les engagements donnés par M. Sarkozy au moment du changement de statut en sont pour leur frais.

Tous ceux qui ont voulu présenter l’issue de la bataille de 2004 comme un compromis acceptable, la privatisation n’étant "que" partielle, la re-nationalisation possible et le personnel conservant son statut, en sont pour leur frais.

Aujourd’hui GDF, demain EDF. De nouvelles concentrations privées s’opèrent. Ce que SUD Energie avait dénoncé par avance se réalise malheureusement : la privatisation totale du Service Public de l’Energie est bien en marche.

Alors que toutes les forces devraient être orientées sur le développement d’énergies renouvelables, sur l’investissement dans la recherche, sur la mise en place d’un grand service public européen de l’énergie, à l’abri des turpitudes des marchés financiers afin de préparer l’avenir, c’est la guerre économique qui se développe.

La guerre ouverte sur les marchés de l’énergie en Europe va engloutir des milliards d’Euros simplement pour que quelques grands groupes privés, entre les mains de fonds spéculatifs, puissent organiser un racket des populations sur un élément clé de la vie : l’énergie.

Dans cette tourmente, des dizaines de milliers d’emplois risquent de disparaître, le service rendu aux populations régresser et les quittances augmenter.

L’idéologie libérale impulsée par la " bureaucratie" européenne et mise en ¦uvre par nos gouvernements et nos dirigeants d’entreprise hypothèque l’avenir simplement pour satisfaire à l’incantation libérale "le marché, rien que le marché, tout le marché", dont la finalité est d’engraisser une caste parasitaire. L’intérêt des populations, les préoccupations de l’environnement, le développement durable, la préparation de l’avenir, autant de concepts étrangers à la rentabilité financière portée par les fonds spéculatifs, charognards des temps modernes et par les actionnaires.

Sans une intervention des salariés rien ne pourra les arrêter. Quelle forme pourrait-elle prendre autre que celle de la grève unitaire totale et reconductible du personnel de GDF et d’EDF ?

Alors que le gouvernement vient de trahir sa parole avec le plus extrême cynisme et nous montre clairement qu’il ¦uvre pour l’intérêt privé et non pour l’intérêt collectif, SUD Energie s’adresse solennellement aux Organisations Syndicales opposées à la privatisation : organisons dans l’unité la seule riposte conséquente, appelons l’ensemble du personnel à cesser le travail !

Pour la Fédération Sud Energie, Isabelle Guyton