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Alex, notre camarade.

jeudi 27 avril 2006, par 1 Sud Industrie 35

Alex nous a quitté, à 52 ans, à peine, après 18 mois de lutte contre le cancer. Même si nous nous attendions depuis quelques semaines à ce dénouement, c’est difficile à accepter. Très difficile...

Le mercredi 26 avril à Paris et un peu plus tard en Bretagne, nous lui rendrons hommage et nous aurons à cœur de témoigner à Pascale, sa compagne, à sa famille et à ses proches, toute l’affection que nous lui portions et ne manquerons pas de leur transmettre les très nombreux messages de sympathie envoyés par ses collègues et amis.

Pour être fidèles à Alex, il nous faut aujourd’hui être forts, autant que l’ont été Pascale et sa sœur Nadette ces derniers mois.

Il n’apprécierait sûrement pas que nous ne puissions surmonter rapidement notre tristesse pour aller de l’avant et continuer à construire ce que nous avions commencé tous ensemble !.

Aujourd’hui, il est important pour nous de rappeler le parcours de notre ami et camarade, d’abord en lui laissant la parole ( extrait de sa lettre au Bureau de l’Union Fédérale Aériens FGTE CFDT, en octobre 2003) :

« De mon engagement à la Jeunesse Etudiante Chrétienne en 1971, aux combats solidaires à la grève du Joint Français à St Brieuc ou encore à celle de Lip, de ma participation à la lutte contre l’extension du camp militaire du Larzac (1972) à celle de la jeunesse (loi Debré 73, Deug 73), tout me poussait à adhérer à la Cfdt, au cœur de toutes ces luttes. Ce que j’ai fait en 1975, au lendemain de mon embauche à la Météorologie Nationale, en toute fierté et en toute conviction.

Militant des comités de soldat, pour le syndicalisme aux armées, militant antinucléaire, militant « régional », pour vivre et travailler au pays, pour un autre avenir pour la Bretagne,..., etc. j’ai poursuivi mon action dans une certaine continuité : la conviction qu’il était possible, en respectant les valeurs humanistes, par des pratiques démocratiques, de construire collectivement un avenir émancipateur et transformateur de la société : le socialisme autogestionnaire étant pour moi au cœur et au débouché de ce projet.

C’est sur cette base que j’ai été élu au Bureau National de la CFDT Météo en 1980, puis désigné au Conseil UFA, au titre de mon syndicat, il y a de cela trop longtemps, 23 années. Elu au Bureau UFA en 1987, j’en en aurais été le trésorier de 1988 à 1992 et le Secrétaire général de 1993 à début 2003 où, ironie de l’histoire, j’ai décidé de passer la main pour me consacrer entièrement à mon mandat à la FGTE. J’ai tout de même accepté d’assumer encore quelque temps un mandat de trésorier et un mandat international à ETF.... »

Nous garderons tous en mémoire les super bons moments passés ensemble. Quelques uns évoqués par les photos ci jointes pour rappeler l’humour et la convivialité partagés.

Nous garderons aussi, et ferons vivre dans notre action, le souvenir du militant « hors norme » qu’était Alex : une capacité de travail peu commune, une grande capacité d’écoute, un dévouement énorme, une force de conviction communicative, au service à la fois de l’analyse, de l’action quotidienne, et d’une démarche collective pour la construction d’une société plus humaine

Pour Alex, agir dans les structures syndicales nationales ne pouvait se concevoir qu’au service d’une action de terrain aussi bien pour faire progresser l’analyse collective que pour changer concrètement la vie.

Que ce soit au conseil d’administration d’ATTAC France où il représentait la FGTE, à la Fondation Copernic, ou bien dans des instances syndicales internationales, il a su travailler avec des camarades venus d’horizons très différents, sur des thèmes tels que la protection sociale, les retraites (co-auteur du livre « Les retraites au péril du libéralisme » 1999), la lutte contre le fascisme (« Le Front national au travail » publié avec d’autres en 2002). Notre camarade était l’un des piliers de la revue Informations Syndicales Antifascistes de la commission syndicale de Ras l’Front . Son investissement à l’Union fédérale aériens de la FGTE a été marqué par le développement du syndicalisme dans les secteurs très difficiles que sont les petites compagnies privées, au prix de combats multiples qu’il a su mener avec d’autres militants.

Au cours de ces derniers mois, malgré la maladie, son acuité intellectuelle et son humour corrosif sont restés intacts. Il suivait de près tous les dossiers de l’actualité sociale et nous pouvions aborder tous les sujets, lors de trop courtes visites à son domicile ou à l’hôpital. Après la rupture du SPASMET avec la CFDT, il s’apprêtait à s’investir pleinement dans la formation syndicale au sein de notre Union syndicale Solidaires. Sans cette foutue tumeur maligne, détectée à l’automne 2004, il aurait organisé des dizaines de stages et de formations, au profit de tous les militants qui comme lui se battent pour faire avancer un idéal de justice sociale.

Ces trente années d’engagement syndical et associatif sont pour nous un exemple. Elles constituent le parcours exemplaire d’un homme libre qui, suprême élégance, savait ne pas se prendre au sérieux et nous faisait beaucoup rire, y compris de nous-mêmes !

Kenavo Alex .

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